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DE LA VILLE DE PARIS.
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joieuseté; et quant à luy, qu'il n'yroit esd. portes sans enseigne et tabourin, ainsy qu'il est accoustumé faire. Sur quoy a esté ordonné que l'on envoiroit sad. responce au Roy, pour en estre ordonné ainsi qu'il plaira à Sa Magesté.
Et led. jour de relevée, la plus grand et seyne partye des capitaines de lad. Ville seroient compa­ruz aud. Bureau, où estoit led. sr Prevost des Mar­chans, auquel ilz auroient remonstré que tant s'en fault que led. mandement et execution d'icelluy rap-portast aucun proffict, quîl rapportoit grand des­ordre, interrest et prejudice à lad. Ville, parcequ'il leur est impossible de assembler leurs bourgeois pour aller ausd, gardes sans enseignes ettabourins, qui ne coustent riens; et Cessans et mectans lesd, ta­bourin et enseigne bas, leur conviendroit avoir ser­gent de bande pour faire les semonces qui ne se fe­roient sans grandz fraiz envers lesd, sergens, qui ont leur trafficq de marcbandizes et aultres affaires, encor lesd, bourgeois n'y vouldroient obeyr, joinct qu'ilz ont acoustumé, aussy tost que le tabourin sonne, qui leur sert de sergent, de marcher sans aultre mandement ne difficulté. Lesquelles enseignes et ta-bourins ne nuisoient aulcunement et ne offençoient personne, mais au contraire servoient grandement, car estans lesd, enseignes à une porte en lieu emi­nent, encor que l'ennemy eust volunté de entrer en lad. Ville pour quelque mauvaise affection, voians lesd, enseignes ou oians lesd, tabourins sonner, pour­roit estre desmeu de son entreprise et avoir quel­que craincte; daventaige, sachans y avoir gens esd. portes, tabourin et enseignes pour en assembler daventaige, si besoing estoit, ce qu'il ne se pourroit faire, sans lesd, tabourins et enseignes, aussy de marcher sans iceulx est mener les personnes, comme
le berger les brebis errans-par les champs; et plu­sieurs aultres remonstrances par eulx faictes qui se­roient trop longues à reciter, declarans par icelles qu'ilz ne peuvent aller ausd, gardes de portes sans lesd, tabourins et enseignes, à leur trés grand re­gret, comme trés humbles et fidelles serviteurs, et subjeetz du Roy.
A quoy par mond. sr le Prevost des Marchans a esté dict et remonstré ausd, capitaines que led. mandement n'avoit esté expedié sans bonnes et justes occasions, et commandé par diverses fois par la magesté du Roy et son Conseil, ainsy que dict est cy dessus, auquel il failloit obeyr, comme de sa part il estoit prest et en toutes aultres choses qu'il plairoit à Sa Magesté commander, admonestans lesd, capi­taines ainsy le faire, puisque il plaisoit and. Sr et son Conseil, sans soy trop enquerir de proffict ou dom-maige d'icelluy, actendu mesmes que l'on ne leur osté les armes, ce que led. Sr pourra faire, s'il congnoist en eulx tant soit peu de desobeissance, et ne se failloit tant oublier que de discontinuer l'office de très humbles et très obéissans serviteurs elsubjeetz du Roy, auquel ilz se sont tant vertueusement comportez que led. Seigneur en a receu grant contentement; et que quant à luy, il aymoit aultant le bien et conser­vation de lad. Ville quc lesd, cappitaines, ety voulloit mourir, ainsy qu'il a cy devant assez rendu tesmoi­gnage et que chacun scet, mais luy semble que lesd, enseignes et tabourins doibvent cesser, et qu'ilz es­toient plus inutilles queutilles, pour aucunes bonnes causes par luy desduictes.
Toutesfois feront lesd. srs Prevost et Eschevins entendre lesd, responces à la Royne, pour sur ce declairer les voulloir et intention des magestez du Roy et de lad. dame.
CCCCXI. — [Jehan Gaultier, capitaine de la Ville, suspendu de sa charge.] [Deffences de porter tarourins ny enseignes. Reception de capitaine et de lieutenant.]
26 juillet i563. (H 1785, fol. 35 v°.)
Du lundi, xxvie Juillet vclxiii.
Prez avecq enseigne et quatre tabourins, actendu que ce luy a esté et à aultres de lad. Ville deffendu par exprès commandement du Roy, par plusieurs foys à luy réitéré et contre la promesse par luy faicte de ne y ainsy aller. A dict que veritablement il a esté à lad. porte avecq enseigne et lesd, quatre tabourins, assavoir, deux pour luy et deux que voullut avoir son enseigne, et ce parce que tous ceulx de sa Di-
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Gaultier. Au jour d'huy, est comparu au Bureau de lad. Ville Jehan Gaullier, l'un des capitaines d'icelle Ville, suivant le commandement à luy faict, auquel a esté demandé par Mess" qui le meut, le jour d'hier, de aller à la garde de la porte Sainct-Germain-des-
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